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Née à Bogota, en Colombie, Yvonne América Truque est arrivée à Montréal en 1984 et y a vécu jusqu’en 2001, année de son décès. C’est dans sa ville d’adoption qu’elle a fait des études en animation et recherche culturelle, puis en travail social. Elle s’est engagée dans différentes activités culturelles et littéraires d’ici et d’ailleurs, en plus de jouer un rôle très actif dans le champ de l’action communautaire. Traductrice, elle est aussi l’auteure de livres de poésie, notamment : Projection des silences (Ediciones Arbol de tinta, Bogota, 1982 ; Ediciones la Catedral, Bogota, 1983 ; Éditions CEDAH, Montréal, 1986), Portraits d’ombres et Profils inachevés (Éditions CEDAH, Montréal, 1991). Elle a reçu en 1987 le prix de prose et de poésie Humanitas. De plus, elle a été, dans les années 1990, représentante au Canada de la revue internationale Vericuetos.
Né à Montréal, Jean-Pierre Pelletier a étudié la littérature et la philosophie. Enseignant de profession, il a publié plusieurs poèmes et traductions dans diverses revues d’ici et d’ailleurs et, chez Adage, une traduction d’une anthologie de poésie de la Colombienne Dorotea Montoya Sánchez: La Comedia rouge sang (2006). Il est l’auteur d’une plaquette de poésie illustrée par Marc-André Nassar: L’Amnésique.
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Feuilles de soleil et Franchir la distance sont, à leur façon, les traces laissées par une voyageuse de l’errance dont l’écriture fait entendre la voix du déracinement, de l’exil.
Les deux receuils, jusque-là inédits, sont réunis et publiés en version originale espagnole et en traduction française de Jean-Pierre Pelletier.
Pour lui, écrire, traduire, c’est au fond une seule et même activité où l’on ne cesse de s’interroger sur le métissage des êtres et des genres, le rythme de la voix et de ses bruissements dans les langages de l’identité. «Nous sommes tous, écrit-il, à des degrés divers, des voyageurs de l’errance. Nous arpentons le monde: en imagination, tel un pèlerin immobile; lors de déambulations nocturnes dans les rues d’une ville, ou encore de pérégrinations qui nous amènent d’un continent à un autre, de notre terre natale en sol étranger. Le pays espéré, imaginaire, est le lieu où l’on essaie de transposer les racines du songe sur papier. Cardinal déboussolé, du moins au départ, on cherche l’étoile, principe ou point d’ancrage où prendre appui afin de donner au réel prise sur le rêve. Et c’est là que peut commencer un séjour dont, peut-être, seul le hasard nécessaire détermine l’issue ou l’envol. C’est là que la poésie d’Yvonne América Truque nous invite.»
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